jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

L'un des créateurs du baroque romain, le plus grand des sculpteurs, Gian Lorenzo Bernin (1598-1680), bâtisseur de la place Saint-Pierre, contemplait le déclin d'un autre monument emblématique de Rome : depuis le XIVe siècle, le Colisée se trouvait dans un

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L'un des créateurs du baroque romain, le plus grand des sculpteurs, Gian Lorenzo Bernin (1598-1680), bâtisseur de la place Saint-Pierre, contemplait le déclin d'un autre monument emblématique de Rome : depuis le XIVe siècle, le Colisée se trouvait dans un état déplorable et tombait toujours plus en ruine. Malgré une renommée mondiale acquise dès les débuts de notre ère, le symbole de la ville ressemblait davantage à une ruine à l'abandon, que chacun exploitait à sa guise. Les papes tiraient des murs du Colisée des matériaux pour bâtir leurs palais et aménageaient ses locaux pour les besoins de l'économie. Clément IX (1667-1669) y fit même installer une production de salpêtre !!! Quelques années après sa mort, Bernin conçut d'y élever une construction monumentale.

L'idée même d'une reconstruction du Colisée flottait dans l'air depuis le Moyen Âge, mais c'est à partir de la seconde moitié du XVIe siècle qu'on commença à l'étudier plus sérieusement. Sixte V (1585-1590), en particulier, entendait y lancer une entreprise commerciale. L'idée de Bernin, formulée près d'un siècle plus tard, s'accordait mieux avec le christianisme. Dans le dessein de l'architecte, il fallait ériger au centre de l'arène une église consacrée aux martyrs chrétiens, dont le sang avait lui aussi coulé entre les murs du Colisée. Cette église de forme ovale, pourvue d'un portique, fut dessinée par l'élève et ami de Bernin, Carlo Fontana (1638-1714). Mais l'église ne fut jamais construite.

Benoît XIV (1740-1758) confia à l'architecte Paolo Posi (1708-1776) le soin de perpétuer la mémoire des martyrs morts dans le Colisée : celui-ci dressa une croix au centre de l'arène et disposa autour d'elle 14 autels. L'ensemble fut consacré à la Passion du Christ. À la fin du XIXe siècle, ces installations seront retirées du Colisée.

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