La coutume du sati chez les peuples indo-européens et son interdiction en Inde en 1829
La coutume de brûler les épouses après la mort de leur mari existait chez de nombreux peuples indo-européens ; sa manifestation la plus tardive est la tradition de l'immolation des veuves, demeurée vivante en Inde jusqu'au milieu du XIXe siècle. Le sati fut officiellement interdit en 1829, mais des cas d'immolation de veuves se rencontrèrent encore par la suite. La coutume est bien décrite ; ses conditions variaient selon les époques, mais l'essentiel était le suivant : à l'instant de la mort de l'époux ou peu après, peut-être pendant la crémation de son corps, la femme se mettait à psalmodier « sat, sat, sat ». Cela signifiait qu'elle voulait livrer son corps au feu et retrouver son époux sous le dais nuptial des cieux ; elle s'abandonnait alors au détachement et au jeûne, jusqu'au moment de monter sur le bûcher. Les proches devaient préparer le feu : apporter le bois, les fagots et les mélanges combustibles, puis accompagner la veuve dans son ascension sur l'autel embrasé. Pendant des siècles, les souverains tentèrent d'interdire le sati, en vain : les veuves s'en allaient au bûcher tout de même. Tout au plus arrivait-il que, sous la menace d'une peine, ce fussent les parents eux-mêmes qui dressaient le foyer funéraire.