Autour de ce portrait d'Alexis Tolstoï par Piotr Kontchalovski, on dit beaucoup de choses : sur les accents posés par le peintre, sur le sous-texte, sur la réaction de Tolstoï à la nature morte qui a surgi autour de lui, sur la question de savoir s'il y a
Autour de ce portrait d'Alexis Tolstoï par Piotr Kontchalovski, on dit beaucoup de choses : sur les accents posés par le peintre, sur le sous-texte, sur la réaction de Tolstoï à la nature morte qui a surgi autour de lui, sur la question de savoir s'il y a là raillerie et moquerie ou déférence, s'il est convenable qu'un écrivain se fasse représenter en compagnie d'assiettes bien garnies. Mais je voudrais remarquer, en dehors de toute politique et de toute appréciation de la personne et de l'œuvre de Tolstoï, l'étrangeté d'un assortiment de victuailles qui ne saurait être dépourvu de signification particulière. Qui donc mange tout cela à la fois, n'ayant devant soi qu'une seule assiette et un seul couvert : un jambon de porc, un poulet rôti, un saumon salé présenté entier, des tomates, des concombres, du pain, de la brioche, le tout arrosé de vodka, de vin rouge et, probablement, de quelque liqueur versée dans un petit verre émeraude ? Quant au chiffre 1799 sur le carafon, il doit vraisemblablement faire allusion à l'année de naissance de Pouchkine, afin que le spectateur établisse de lui-même quelque parallèle