On parle souvent de la saleté du Versailles d'autrefois
On parle souvent de la saleté du Versailles d'autrefois. Des dames qui se contentaient de relever leurs jupes pour soulager leur vessie à l'endroit même où le besoin les avait surprises, des messieurs qui s'épanchaient directement depuis la balustrade, en pleine chapelle royale. Mais l'histoire de Marie-Antoinette recevant sur la tête, lors d'une promenade dans une cour intérieure, des excréments humains jetés par une fenêtre, voilà qui est nouveau. C'est pourquoi, pour illustrer mon propos, j'ai choisi un portrait de la reine en chapeau : il ne lui aurait assurément pas nui ce jour-là. Soit dit en passant, ce portrait, œuvre de la peintre de cour Élisabeth Vigée Le Brun, fut jugé provocant, car il ne convenait pas à une reine de poser en simple linge : la robe de coton sans corset n'était perçue dans la société que comme une chemise de nuit. Le roi commanda donc le même portrait dans une tenue plus décente, et l'on revêtit Marie-Antoinette d'une robe bleue ornée d'un nœud. On se demande d'où venaient tant de préjugés chez des gens aux exigences si modestes en matière d'hygiène personnelle et de fonctions naturelles de l'organisme.