dimanche, 4 octobre 2026

Le rasage dans l'État russe avant Pierre Ier et les protestations des patriarches Joachim et Adrien

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Le rasage dans l'État russe avant Pierre Ier et les protestations des patriarches Joachim et Adrien

Peu avant Pierre le Grand, ennemi irréconciliable de la barbe, se raser passait dans l'État russe pour l'un des vices les plus infâmes. La mode du rasage était condamnée par le clergé et bridée par les autorités séculières.

Le tsar Alexis Mikhaïlovitch avait interdit sans détour de se raser la barbe, en même temps que de porter le costume européen.

Mais avec l'avènement de Fédor Alexeïevitch, les mœurs s'adoucissent peu à peu : on voit çà et là paraître des vêtements européens, pour l'essentiel polonais, bien entendu, et voilà que le patriarche Joachim se plaint, dans sa « Proclamation », de la résurrection de cette coutume hellène, dépravée et abominable, maintes fois proscrite jadis et, sous Alexis Mikhaïlovitch, entièrement extirpée :

« Derechef voici que des jouvenceaux insensés se mettent à détruire l'image que Dieu a donnée à l'homme. »

Joachim dit tout net qu'il faut excommunier, pour le rasage de la barbe, ces élégants et leurs amis.

Le jeune tsar, lui, ferme les yeux sur les sujets qui se rasent la barbe. Son épouse polonaise, la tsarine Agafia Grouchetskaïa, encourage les modes européennes, les coiffures et le rasage. Dans l'entourage du tsar apparaissent même des dignitaires imberbes, qui donnent l'exemple à toute la cour.

Les autorités ecclésiastiques ne peuvent se résigner à voir favorisé le rasage, cette lubricité. Et le patriarche Adrien publie l'épître « À tous les orthodoxes sur l'abstention de se raser la barbe et les moustaches », où il explique que Dieu a fait croître la barbe aux hommes en tant que chefs sur leurs femmes, êtres imparfaits et subordonnés. Et l'épouse, « voyant la beauté de son mari, et elle-même privée de cette beauté et de cette perfection, sera toujours humble et soumise »

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