Je ne sais ce qui fut le premier, de la poule rôtie ou de l'œuf à la coque, mais la pâtisserie en forme de lettres, c'est le même biscuit alphabet que celui de votre petit-déjeuner d'enfant, en plus gros et plus moelleux
Je ne sais ce qui fut le premier, de la poule rôtie ou de l'œuf à la coque, mais la pâtisserie en forme de lettres, c'est le même biscuit alphabet que celui de votre petit-déjeuner d'enfant, en plus gros et plus moelleux. De nos jours, en Allemagne, cette pâte sucrée est parfois appelée « Russisch Brot ». On prétend que c'est parce que le boulanger dresdois Ferdinand Hanke aurait vu ces biscuits dans une boulangerie de la perspective Nevski, lors de son séjour à Saint-Pétersbourg en 1844. En Allemagne, la friandise est devenue très populaire, et assez vite nombre de commerçants se sont mis à fabriquer les mêmes petits gâteaux. Le « Russisch Brot » existe aussi dans la voisine Autriche, où on le recouvre de chocolat et de glaçage. La légende est charmante, certes. Seulement voilà : ce tableau de 1615, du peintre allemand Peter Binoit (on a bien envie de lire Binoit comme Benois), peut ébranler le bel édifice du récit de l'emprunt russe. Ces lettres sont une très ancienne gourmandise, que l'on faisait en Autriche et en Allemagne pour Noël ; on en ornait le sapin et, ici ou là, on les appelait « biscuit de patience », parce que les enfants devaient attendre la veille de Noël pour avoir le droit de s'en régaler