La maquette en plâtre de l'éléphant de bronze de Napoléon à la Bastille subsista jusqu'en 1846
Napoléon voulait ériger un monument éclatant à ses victoires : un éléphant de bronze de 24 mètres, fondu à partir de canons refondus, devait orner la place où s'élevait la Bastille démolie. L'éléphant, sur un haut piédestal, se dressait au milieu d'une fontaine, et le dos de l'animal abritait une plate-forme d'observation. Des projets impressionnants. Les croquis du monument frappent l'imagination. Hélas, le tableau lugubre décrit par Victor Hugo n'est pas une invention. Tel fut le sort de ce monument. Ou plutôt de son prototype : une maquette grandeur nature, bâtie sur une charpente de bois, avait d'abord été exécutée en plâtre et en glaise, puis recouverte d'un enduit. Malheureusement, il n'était pas écrit que l'éléphant de Napoléon étincellerait de reflets dorés sous le ciel de Paris. Pendant plusieurs décennies, le monument fut un véritable fardeau pour ceux qui vivaient à proximité : construite en 1814, la maquette commençait déjà, six ans plus tard, à exaspérer sérieusement les habitants du quartier. Après la défaite de Waterloo, on cessa tout simplement de construire le monument et, dès 1815, cet édifice de matériaux périssables commença à se délabrer rapidement. De surcroît, la masse vétuste servait d'asile aux rats, qui pullulaient littéralement dans le corps creux de l'éléphant et dans les conduits attenants. Et pourtant, on ne le démolira qu'en 1846 !