Le Musée de l'Orient a prêté des documents uniques issus des fouilles de l'expédition archéologique et ethnographique du Khorezm pour l'exposition « Ni confondus, ni séparés » au GES-2, consacrée au lien entre archéologie et modernisme et à la manière don
L'expédition du Khorezm a travaillé de 1937 à 1991 et s'inscrivait dans le programme soviétique d'irrigation des déserts d'Asie centrale. L'exposition montre, d'un côté, la contribution des savants russes au développement de la région d'Asie centrale et, de l'autre, reprend l'éternel thème du regard jeté vers le passé tandis que l'on marche vers l'avenir. Matériaux archéologiques, plans, esquisses, dessins, documents et souvenirs de l'expédition sont complétés par un art contemporain qui repense les objets exposés, l'esthétique de l'Orient et les images du passé.
On peut y voir des centaines de documents sur l'histoire de cette expédition scientifique hors du commun, mais, à dire vrai, la visite ne dessine pas de contexte historique ou scientifique bien construit : on y est plutôt plongé dans l'univers de l'Asie centrale soviétique, dans l'esprit intellectuel des archéologues, dans les images de la Grande Steppe et d'un lien vivant avec l'Antiquité, même si ce lien naît sur fond de projets d'irrigation modernes, au destin assez triste.
Outre l'atmosphère, la dimension sonore et les couleurs, on est frappé par la possibilité de voir des dessins, des plans et des épures qui ne quittent jamais les archives ni les fonds poussiéreux. Et il est particulièrement agréable d'entendre des extraits de mémoires de gens qui rêvaient, il y a bien des années, d'un autre avenir pour l'Orient soviétique.