Ma chère maman, mardi a été un jour de fête que je n'oublierai jamais
Ma chère maman, mardi a été un jour de fête que je n'oublierai jamais. Nous avons fait notre entrée solennelle dans Paris. Quant aux honneurs, nous avons reçu tous ceux que l'on peut imaginer, mais ce ne sont pas eux qui m'ont le plus touchée. Ce qui m'a vraiment impressionnée, ce sont les pauvres gens, qui exprimaient leur joie avec tant de zèle, malgré les impôts qui les accablent… Je ne saurais vous décrire, ma chère maman, l'attachement et la joie que chacun nous a témoignés. En partant, nous avons permis aux gens de la foule de nous baiser les mains, ce qui leur a causé un immense plaisir. Quel bonheur que des personnes de notre rang puissent gagner avec tant de facilité l'amour de toute une nation. J'apprécie cet amour et ne l'oublierai jamais.
Extrait d'une lettre de Marie-Antoinette à sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse, du 14 juin 1770
