dimanche, 4 octobre 2026

Iouri Averbakh raconte les échecs vivants en URSS dans les années 1950 et l'OBKhSS

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On me questionne souvent sur mon passé d'échecs. À vrai dire, il est d'abord celui des dames, mais ma mémoire abonde en histoires tirées de la vie des joueurs d'échecs.

Me revient en mémoire le récit d'un homme bien connu du mouvement échiquéen soviétique, Iouri Averbakh, qui a aujourd'hui 95 ans. Il m'a un jour confié une anecdote curieuse sur les échecs dits vivants ou humains, où des gens se rangent sur un plateau tracé au sol et se taillent en pièces, comme dans « Harry Potter à l'école des sorciers ». Ce divertissement a de lointaines racines : on trouve mention de telles parties dès le VIIIe siècle, et les premiers échecs humains sont attribués à Charlemagne.

L'histoire d'Averbakh, elle, raconte comment, dans les années 1950, on se mit en URSS à monétiser le jeu d'échecs humains. Avec la participation de joueurs d'échecs en vue et d'artistes, des parties étaient jouées sur les plus grandes scènes du pays et attiraient des dizaines de milliers de spectateurs. Acteurs, chanteurs et musiciens étaient affectés à différentes pièces, et lorsque le sort d'une pièce se décidait, son représentant se produisait sur scène. Tout cela rapportait un revenu fort appréciable et popularisait fort bien le jeu lui-même, jusqu'à ce que, à l'instigation de l'Union des gens de théâtre, peu enchantée de voir les millions filer sous son nez, l'OBKhSS ne vienne s'inviter dans la partie. Il y eut des arrestations, des procès et de vraies peines de prison. En fin de compte, cette forme d'échecs vivants mourut, mais certaines autres sont encore en usage aujourd'hui.

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