samedi, 3 octobre 2026

Poème de Boris Sloutski « Les Chevaux dans l’océan » sur la noyade des chevaux du navire Gloria

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Poème de Boris Sloutski « Les Chevaux dans l’océan » sur la noyade des chevaux du navire Gloria

Les chevaux savent nager,
Mais : pas bien. Pas loin.
« Gloria » en russe veut dire « Gloire »,
Cela vous restera facilement en mémoire.
Un navire avançait, fier de son nom,
S'efforçant de vaincre l'océan.
Dans la cale, secouant leurs bonnes têtes,
Un millier de chevaux piétinaient jour et nuit.
Un millier de chevaux ! Quatre mille fers !
Ils n'ont pourtant pas apporté le bonheur.
Une mine a percé le fond du navire
Loin, très loin de la terre.
Les hommes se sont assis dans les canots, ont grimpé dans les chaloupes.
Les chevaux se sont mis à nager, simplement comme ça.
Que pouvaient-ils faire, les pauvres,
S'il n'y avait pas de place sur les canots et les radeaux ?
Une île rousse flottait sur l'océan.
Dans la mer bleue flottait une île baie.
Et d'abord il leur sembla que nager était simple,
L'océan leur paraissait une rivière.
Mais on ne voit pas la rive de cette rivière-là,
Et, à bout de forces équines,
Soudain les chevaux se mirent à hennir, protestant
Contre ceux qui les noyaient dans l'océan.
Les chevaux coulaient et hennissaient, hennissaient,
Jusqu'à ce qu'ils aient tous sombré.
Voilà tout. Et pourtant j'ai de la peine pour eux,
Les roux, qui n'ont pas revu la terre.

Traduction littérale

Boris Sloutski. Les chevaux dans l'océan.
À I. Ehrenbourg
1950

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