jeudi, 1 octobre 2026 · Almaty

J'aime sous les voûtes le silence chenu, Des offices et des requiems l'errance Et le rite touchant auquel tous sont tenus, Chez Isaac, les obsèques

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J'aime sous les voûtes le silence chenu, Des offices et des requiems l'errance Et le rite touchant auquel tous sont tenus, Chez Isaac, les obsèques

J'aime du prêtre le pas qui ne se presse pas,
La large procession du suaire,
Et dans le filet usé, les ténèbres de Génésareth
De la semaine du Grand Carême.

La fumée de l'Ancien Testament sur les autels tièdes
Et la voix orpheline du prêtre,
Humble et royal : la neige pure sur les épaules
Et les porphyres redevenus sauvages.

Les cathédrales éternelles de Sophie et de Pierre,
Granges d'air et de lumière,
Greniers du bien universel,
Et séchoirs du Nouveau Testament.

Ce n'est pas vers vous que l'esprit se tourne aux années de lourds malheurs,
C'est ici que se traîne, sur les marches,
La trace de loup du malheur, large et sombre,
À qui nous ne serons jamais infidèles :

Car libre est l'esclave qui a vaincu la peur,
Et se conserve au-delà de toute mesure,
Dans les frais greniers, dans les profonds coffres à grain,
Le grain d'une foi profonde et pleine.

Traduction littérale

Ossip Mandelstam, 1921

Illustration : triptyque « Les Travaux de saint Serge », Mikhaïl Nesterov, 1896–1897

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