vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

La Porte Rouge, première arche triomphale de Russie

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La Porte Rouge, première arche triomphale de Russie

La Porte Rouge fut la première arche triomphale de Russie. L'arche originelle, celle de Pierre, fut construite en bois rue Mératnitskaïa (Miasnitskaïa) après 1709, et elle brûla et fut remaniée à maintes reprises. Sous le règne de Catherine, l'arche fut démolie puis rebâtie. Mais sous le règne d'Anna Ioannovna, la porte brûla de nouveau et fut reconstruite à temps pour le couronnement d'Élisabeth Petrovna ; six ans plus tard, cette porte-là périt elle aussi dans les flammes.

En 1757, on décida enfin de faire renaître la porte dans la pierre. On ne construisit pas à la manière de Pierre : on retint pour le projet la version de Catherine Ire, que l'on orna de bas-reliefs en pierre blanche, de dorures, de bronzes, de sculptures de dieux et d'anges, des armoiries des provinces russes et de peintures. C'est dans cette magnificence que la porte, désormais dite « Rouge » non seulement à cause du village de Krasnoïe (« le Rouge »), dont la route passait par elle, mais aussi pour la richesse et la beauté de sa parure extérieure, entra dans le XIXe siècle, puis jusque dans le XXe.

Il est vrai qu'au XIXe siècle les empereurs la modifièrent quelque peu à leur convenance : on changea les chiffres sur la façade ; Nicolas Ier ordonna de remplacer dans le médaillon de la petite tour centrale le portrait de son auguste aïeule par l'aigle impérial ; Alexandre III ôta l'aigle et rétablit le portrait d'Élisabeth Petrovna. Mais dès le milieu du XIXe siècle, les autorités municipales se lassèrent de la porte et s'employèrent à tenter de la raser.

Officiellement, on déclarait la porte inutile ; quant à l'unicité du monument, les gouverneurs de la ville la passaient sous silence, allant jusqu'à la vendre pour démolition. Plusieurs tentatives résolues pour abattre l'arche furent victorieusement repoussées grâce à l'intervention de l'opinion publique. Ainsi, la première arche triomphale russe franchit le seuil du XXe siècle en geignant sous les humiliations continuelles, et la suite se devine aisément : démontage de tous les symboles tsaristes, apposition sur l'édifice d'emblèmes léniniens et communistes, pillage, destruction du décor. En 1926, Alexeï Chtchoussev obtint une somme considérable pour la restauration de la porte et rendit au monument sa splendeur passée, en peignant les murs en blanc et en rétablissant les ornements de bronze. Mais un an plus tard, on décida de démolir la porte. Malgré toutes les requêtes sur la valeur et l'unicité de ce monument du baroque d'Anna et d'Élisabeth, malgré les déclarations sur son importance historique incontestable, l'arche n'obtint jamais le statut de monument protégé, et à l'été 1927, lors de l'élargissement de l'anneau des Jardins (Sadovoïe Koltso), la Porte Rouge fut détruite sans retour.

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