mardi, 6 octobre 2026

Le jugement de classe dans « Les Faux-bourdons » de Raïssa Zenkova, 1949

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Le jugement de classe dans « Les Faux-bourdons » de Raïssa Zenkova, 1949

Un tableau de la peintre soviétique Raïssa Zenkova, ancienne combattante du front, intitulé « Les Frelons », 1949. Je n'arrive pas à trancher sur le ton : est-ce encore de l'agressivité passive ou déjà de l'active ? Toujours est-il que l'artiste n'est manifestement pas bien disposée envers deux au moins des trois héroïnes de cette toile de genre. On y lit une opposition de classe évidente et une réprobation non moins évidente ; quant au public visé par le message, les réalités de l'époque ne laissent guère de doute. Paresseuses, négligées, exploiteuses et autres qualificatifs aussi transparents s'imposent d'eux-mêmes. Les sympathies de l'auteur vont à la pauvre travailleuse entre deux âges, contrainte de servir ce désordre. Mais, à y regarder de plus près, cette grimace est-elle vraiment méritée ? Ces demoiselles font leur toilette chez elles, et que peut-il bien importer à quiconque dans quelles poses et avec quelles mines elles sont assises ? Certes, elles se fardent, certes, elles veulent être belles, certes, elles sont gaies et ne comptent pas s'encombrer aujourd'hui des tourments du quotidien soviétique, et alors ? Ou bien chez nous l'ordre dans lequel on plie ses bas tient-il lieu de vertu ? Et peut-être serait-il plus vertueux de ne pas fourrer son nez dans des cabinets fermés aux regards indiscrets ?

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