Le Festin d’Hérode » de Donatello à Lille et la perspective novatrice du relief en marbre
Comment Donatello est-il parvenu à obtenir dans le marbre le même effet que Léonard de Vinci dans la peinture à l'huile ?
Aujourd'hui conservé au Palais des Beaux-Arts de Lille, le « Banquet d'Hérode » est l'un des plus grands chefs-d'œuvre de Donatello. La version en marbre le cède peut-être en dramatisme de la scène, mais, à la différence de son propre relief en bronze sur le même sujet, le relief en marbre est d'une extrême complexité, tant par sa composition que par sa solution technique. Grâce à des solutions novatrices en matière de perspective, Donatello est parvenu à créer un relief presque plat qui donne le sentiment d'un espace réel.
Le banquet d'Hérode est un épisode de l'Ancien Testament [sic] au cours duquel le roi Hérode danse avec sa fille, Salomé, laquelle demande qu'on lui apporte la tête de saint Jean-Baptiste en récompense de sa danse. Donatello montre la scène de la danse et le moment où apparaît la tête tranchée du Baptiste, mais non le moment de la décapitation de Jean-Baptiste, cousin de Jésus-Christ.
Le bas-relief comporte trois aspects du récit et une multitude de détails laissés de côté, ainsi que des particularités cachées qui se révèlent à qui examine attentivement chaque centimètre de la surface. Pourtant, le « Banquet d'Hérode » est resté l'unique exemple d'une telle technique : Donatello, qui n'aimait pas se répéter, décide de ne plus recourir aux solutions choisies pour ce relief, en réservant à ce « Banquet » une place centrale.