En étudiant le bas-relief du Palais de la Porte Dorée, on remarque un trait commun à toutes les figures coloniales: à la manière des images égyptiennes, elles se présentent à nous de profil, et seule la figure allégorique de la France, sur l'axe central d
En étudiant le bas-relief du Palais de la Porte Dorée, on remarque un trait commun à toutes les figures coloniales: à la manière des images égyptiennes, elles se présentent à nous de profil, et seule la figure allégorique de la France, sur l'axe central de la composition, au-dessus de la porte, nous regarde de face. Les colonies d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne sont énumérées de gauche à droite; celles d'Asie, de droite à gauche. La partie orientale de la façade représente les colonies d'Océanie; la partie occidentale, celles des Amériques. Les inscriptions du bas-relief sont les noms des ports qui relient la métropole à ses colonies. Ces hommes vigoureux et robustes, dans les colonies, idéalisent en quelque sorte l'idée que l'on se fait de l'état réel des choses, détournant l'attention de l'usurpation du pouvoir, de l'exploitation éhontée des ressources humaines et naturelles, des conditions de travail infernales et de bien d'autres choses encore. La façade mentionne aussi les noms de ceux qui ont contribué à la grandeur coloniale de la France. Néanmoins, cet édifice assurément unique exige de la part du spectateur d'aujourd'hui une attention soutenue, compte tenu des problèmes évoqués et du regard contemporain porté sur la honteuse politique française du passé



