vendredi, 2 octobre 2026

J'ai appris que j'avais Une immense famille : Et le sentier, et le petit bois, Dans les champs, chaque épi !

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J'ai appris que j'avais Une immense famille : Et le sentier, et le petit bois, Dans les champs, chaque épi !
J'ai appris que j'avais
Une immense famille :
Et le sentier, et le petit bois,
Dans les champs, chaque épi !
La rivière, le ciel bleu,
Tout cela est à moi, tout cela m'est cher.
C'est ma Patrie !
J'aime tout le monde sur terre !

Traduction littérale

Vous vous souvenez de ce poème dans « Frère 2 » ?

On en attribue la paternité au poète, peintre et journaliste youkaghir Nikolaï Kourilov, au motif qu'il aurait écrit « Rodnoïe » (« Le Pays natal ») en langue youkaghire vers les années 1980, et que Mikhaïl Iasnov l'aurait traduit en russe, comme l'indique une note dans le livre « Kolobok » de 1987.

D'autres sources donnent pour auteur de ce huitain culte le poète criméen Vladimir Orlov. Sous son nom, ces vers, datés de 1985, ont été publiés la même année dans le journal « Nedelia », dans un recueil poétique consacré au 40e anniversaire de la Victoire, et dans un livre intitulé « Moi et nous ».

La confusion autour de cette double paternité s'explique par une erreur technique. Orlov ignorait tout bonnement que son poème avait été prononcé dans le film : c'est son fils qui l'a découvert plus tard, en triant les affaires dans l'appartement et en tombant sur un livre contenant la publication de ce huitain.

Nikolaï Kourilov, lui aussi désigné comme l'auteur, ne peut présenter ni l'original du poème ni une publication sous son nom. Il affirme l'avoir écrit dans sa langue maternelle sans avoir conservé ni manuscrit ni dactylogramme, sans parler de l'existence d'un mot-à-mot de la main d'Iasnov : une telle source n'est pas connue non plus.

Selon toute apparence, la rédaction de « Kolobok » a, par inadvertance, indiqué à tort la paternité du poète youkaghir dans la traduction d'Iasnov, peut-être s'agissait-il d'un autre poème ; mais des publications plus anciennes de ces vers sous le nom d'Orlov, poète connu, auteur entre autres de nombreux poèmes pour enfants très populaires, attestent que l'auteur, c'est bien lui.

Il m'est pourtant arrivé de voir Kourilov soutenir malgré tout que ces vers sont de lui. Mais où sont les preuves (les « pruffes », comme on dit) ?

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