samedi, 3 octobre 2026

«…Et en la présente année 746, le lundi de la semaine du Fromage, lui, Gavrila, alla au faubourg des Allemands, au marché qu'on appelle Ladoga, et sur ce marché lui, Gavrila, s'aboucha avec des soldats déserteurs, Ivan dit de Stromynka, et Savéli… et lesd

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«…Et en la présente année 746, le lundi de la semaine du Fromage, lui, Gavrila, alla au faubourg des Allemands, au marché qu'on appelle Ladoga, et sur ce marché lui, Gavrila, s'aboucha avec des soldats déserteurs, Ivan dit de Stromynka, et Savéli… et lesdits Ivan et Savéli l'appelèrent, lui, Gavrila, sur la route de la Trinité pour y détrousser les voyageurs, et lui, Gavrila, s'en fut avec eux. Et eux, Gavrila et Savéli, le menèrent, lui, Gavrila, au village de Pokrovskoïe, dans la paroisse de l'église de Saint-Nicolas le Thaumaturge, chez un paysan, Grigori, dont il ne sait de qui il est le fils, lequel tient cabaret et vend du vin, et chez lui, Grigori, ayant acheté du vin à prix d'argent, ils burent et passèrent chez ledit Grigori, dans la grange, trois nuits, sciemment, en tant que brigands. Et de chez lui, Grigori, lui, Gavrila, avec lesdits Ivan de Stromynka et Savéli, le jeudi de la semaine du Fromage, s'en allèrent sur la route de la Trinité pour y détrousser les voyageurs. Et sur cette route, au-delà du village de Rostokino, après avoir fait quelque trois verstes, les attendaient quatre compagnons dudit Stromynka, dont il ne sait les noms. Et tous, au nombre de sept, coupèrent dans le bois chacun un gourdin au couteau. Et au même endroit, venant du monastère de la Trinité, passa près d'eux un homme qui se disait assesseur, Iakov Kirilov fils de Milioukov, avec trois serviteurs, dans un seul traîneau couvert attelé de trois chevaux. Et lui, Gavrila, avec lesdits compagnons, mit en pièces ledit Milioukov… Et, l'ayant rossé, lui, Milioukov, et les trois hommes, ils les attachèrent sur ladite route de la Trinité, dans le bois, à des arbres, et tous les sept, sur les chevaux susdits, s'éloignèrent de lui, Milioukov, d'environ deux verstes. Et lesdits compagnons lui donnèrent, à lui, Gavrila, deux pièces de dix kopecks, plus vingt-trois kopecks d'argent en petite monnaie, une garde d'épée en argent, un couteau pliant, et le laissèrent partir, lui, Gavrila, pour Moscou… Et lui, Gavrila, en chemin, détacha à coups de bâton la garde d'argent de l'épée, brisa la lame en deux et la jeta dans les champs, dans la neige.»

Déposition sur la manière dont, en février 1746, Gavrila le Roux alla sur la route de la Trinité détrousser les gens. Par la suite, il avoua ses actes devant le Bureau des enquêtes, dénonça les autres brigands, aida à les retrouver et à les appréhender.

Au final, toute la bande put être arrêtée, huit hommes au total, parmi lesquels des soldats déserteurs, un matelot, c'est-à-dire un ouvrier de la manufacture de voiles du village de Preobrajenskoïe, des paysans des villages alentour et le tenancier d'un repaire, qui projetaient un brigandage au faubourg des Allemands et sortaient la nuit sur la route de la Trinité, armés de gourdins, pour dépouiller les voyageurs attardés. Ils attaquaient en bande, leur prenaient tous leurs effets, leur argent, allaient jusqu'à arracher le cuir des voitures, dévêtaient les gens et les déchaussaient, les laissant en linge de corps, et parfois attachaient leurs victimes à un arbre.

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