Voltaire à propos de la pièce « Hamlet », qu'il juge œuvre d'un sauvage ivre
« Hamlet » est une pièce grossière et barbare, que même le menu peuple, en France ou en Italie, ne voudrait pas lire. Hamlet perd la raison au deuxième acte, et sa bien-aimée au troisième. Le prince tue le père de sa bien-aimée en feignant de tuer un rat, et l'héroïne se jette dans la rivière. On a creusé une tombe en pleine scène, et les fossoyeurs, selon leur habitude, parlent par énigmes, des crânes à la main. À leurs ignobles grossièretés, Hamlet répond par des incartades non moins répugnantes. Hamlet, sa mère et son beau-père festoient sur scène ; à table, on chante des chansons, sur scène, on s'injurie, on se bat, on tue. Vraiment, on pourrait croire que cette pièce est l'œuvre d'un sauvage ivre.
Voltaire