Si vous devez un jour livrer une bataille inégale contre l'idée reçue selon laquelle l'histoire de la culture mondiale ignore les grandes femmes créatrices, souvenez-vous, par exemple, de Lavinia Fontana, la peintre bolonaise de la Renaissance ou, comme o
Si vous devez un jour livrer une bataille inégale contre l'idée reçue selon laquelle l'histoire de la culture mondiale ignore les grandes femmes créatrices, souvenez-vous, par exemple, de Lavinia Fontana, la peintre bolonaise de la Renaissance ou, comme on l'appelle parfois, du premier baroque. Fontana a connu les mêmes succès que ses collègues masculins et, contrairement au stéréotype établi, elle ne peignait pas seulement des portraits de dames de qualité, comme celui d'Éléonore de Médicis : elle travaillait aussi à la cour pontificale, où elle réalisa de monumentales toiles d'église pour le Vatican, et peignit quantité de tableaux mythologiques.
Songez-y : XVIe-XVIIe siècles, une femme devient la portraitiste officielle du pape Paul V, peint pour la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. Plus encore, en récompense de ses mérites et de son talent, elle devient la première femme admise à l'Académie de Rome. Il nous reste au moins 135 tableaux de la main de Lavinia Fontana, et c'est une tout autre question de savoir comment, avec une activité aussi intense, elle a trouvé le temps de mettre au monde 11 enfants.
Dans son autoportrait, Lavinia joue d'un petit clavicorde ou d'une épinette