S'il faut parler des abdications controversées de l'histoire, l'une des plus célèbres est sans doute celle de Nicolas II, signée au simple crayon
Comme vous le voyez, dans le coin inférieur droit du document figure l'autographe de l'empereur Nicolas II, tracé au simple crayon : « Nicolas » ; dans le coin inférieur gauche, une mention de certification a été ajoutée à l'encre noire de la main de Fredericks : « Ministre de la Cour impériale, général aide de camp comte Fredericks ». Dans la date et l'heure de l'abdication, les chiffres ont été inscrits au crayon de la main de Nicolas II.
Nicolas II annonça son abdication en faveur de son frère, le grand-duc Michel Alexandrovitch, aux membres de la Douma d'État Goutchkov et Choulguine le 27 février, lorsqu'ils vinrent le trouver à Pskov. Le texte de l'abdication fut rédigé, contrairement au souhait initial de l'empereur, non en faveur de l'héritier, le tsarévitch Alexis, avec régence du grand-duc Michel, mais d'emblée en faveur de Michel, l'empereur ayant jugé son fils déjà trop malade. Ce document fut signé à quelques minutes à peine de minuit, dans la nuit du 2 au 3 mars. Pourtant, le document porte une autre heure d'abdication, 15 heures : il est donc antidaté.
En voici le texte :
En ces jours de grande lutte contre l'ennemi extérieur qui s'efforce depuis près de trois ans d'asservir notre patrie, il a plu à Dieu Notre Seigneur d'envoyer à la Russie une nouvelle et pénible épreuve. Les troubles populaires intérieurs qui ont commencé menacent d'avoir des conséquences funestes sur la poursuite de cette guerre opiniâtre. ... En ces jours décisifs de la vie de la Russie, Nous avons estimé de Notre devoir de conscience de faciliter à Notre peuple l'union étroite et le rassemblement de toutes les forces populaires pour atteindre au plus tôt la victoire et, en accord avec la Douma d'État, Nous avons jugé bon d'abdiquer le Trône de l'État russe et de déposer le Pouvoir suprême. Ne voulant pas Nous séparer de Notre fils bien-aimé, Nous transmettons Notre héritage à Notre Frère le grand-duc Michel Alexandrovitch et Le bénissons à l'occasion de Son accession au Trône de l'État russe. ...
