vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

Élisabeth Petrovna, on le sait, était bien la fille de Pierre le Grand, mais une fille illégitime, comme ses sœurs aînées Catherine Petrovna et Anna Petrovna : toutes naquirent de Catherine avant le mariage de 1712 et furent tenues pour « légitimées par m

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Élisabeth Petrovna, on le sait, était bien la fille de Pierre le Grand, mais une fille illégitime, comme ses sœurs aînées Catherine Petrovna et Anna Petrovna : toutes naquirent de Catherine avant le mariage de 1712 et furent tenues pour « légitimées par m

Élisabeth Petrovna, on le sait, était bien la fille de Pierre le Grand, mais une fille illégitime, comme ses sœurs aînées Catherine Petrovna et Anna Petrovna : toutes naquirent de Catherine avant le mariage de 1712 et furent tenues pour « légitimées par mariage subséquent ». Élisabeth n'avait aucun droit au trône, et il lui fallut donc recourir à un coup d'État.

Lomonossov trouva un argument curieux en faveur de la légitimité de l'avènement d'Élisabeth Petrovna. Dans son « Éloge de la très lumineuse, très souveraine et grande impératrice... », il écrit :

« ...c'est par la seule naissance de notre grande souveraine qu'il faut s'en convaincre, en voyant qu'elle fut dès lors élue pour régner sur nous. Ce ne sont point des conjectures astrologiques incertaines, tirées de la position des planètes, ni d'autres changements et phénomènes survenant dans le cours de la nature, mais les signes manifestes de la Providence divine qui en serviront de preuve. La glorieuse victoire remportée sur les ennemis de Pierre près de Poltava et la naissance de cette grande fille à lui advinrent la même année, et c'est Élisabeth, venant au monde, qui accueillit le vainqueur entrant en triomphe dans Moscou. La Providence ne nous montre-t-elle pas ici du doigt ? N'entendons-nous pas, de l'oreille de l'esprit, une voix qui parle ? Voyez, voyez l'accomplissement de ce que vous promettaient les présages de prospérité. Pierre triompha en vainquant les ennemis du dehors et en extirpant les traîtres de chez lui ; Élisabeth naquit pour des triomphes semblables. Pierre, après avoir rendu la couronne au souverain légitime, marcha vers la cité de ses pères ; Élisabeth entra dans la société des hommes pour recouvrer un jour la couronne paternelle. Pierre, ayant préservé la Russie du pillage, apporta, à la place d'une crainte sombre, une joie sûre et très lumineuse ; Élisabeth vit le jour afin de répandre sur nous l'éclat du réconfort, en nous délivrant des ténèbres de l'affliction. Pierre traînait derrière lui de nombreux captifs, vaincus par sa magnanimité non moins que par sa vaillance ; Élisabeth sortit du sein de sa mère afin de captiver plus tard le cœur de ses sujets par son humanité, sa douceur, sa munificence... ».
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