samedi, 3 octobre 2026

L'agneau sur la croix dans une broderie d'église et le livre aux sept sceaux

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Dans les églises occidentales, on rencontre assez souvent l'image d'un agneau couché sur une croix, entouré de rayons d'or : il symbolise le sacrifice et la mort de Jésus-Christ.

D'ailleurs, jusqu'au Ve siècle, Jésus n'était pas représenté sur la crucifixion elle-même ; sa présence n'était parfois signifiée que par un agneau au pied de la croix, ou par un agneau portant une croix au-dessus de lui : tel est, par exemple, l'agneau figurant sur le sceau de l'abbaye de Cluny. Un peu plus tard, on se mit à représenter l'agneau avec une croix ou sur la croix, et, avec le temps, s'instaura la tradition de le figurer crucifié.

Sur ce fragment de broderie d'église, nous voyons un agneau couché sur une croix, elle-même posée sur un fond d'or. On pourrait penser à un plat, ou au vase liturgique sacré, le discos, lié à l'un des principaux mystères de l'Église : l'eucharistie. C'est sur le discos que l'on consacre la prosphore principale, que l'on appelle aussi parfois l'agneau. Les sept gouttes sous le discos peuvent alors désigner la même chose que les sept cornes ou les sept yeux de l'agneau dans les scènes de l'Apocalypse : les sept esprits de Dieu, ou les sept dons de grâce divins. D'autant que l'agneau immolé est souvent représenté sur le discos lui-même, comme sur d'autres vases liturgiques.

Mais, à y regarder de plus près, ce n'est tout de même pas un vase que nous avons sous les yeux, mais un livre. Ce fameux livre apocalyptique aux sept sceaux, qui embrasse toute l'histoire du monde, tout ce qui fut, est et est écrit d'avance, la mémoire de toutes choses et les destinées de tous. Nul des vivants sur la terre n'a pu ouvrir ce livre, ni même y jeter un regard. Les 24 vieillards, ou sages, que symbolisent les 24 rayons d'or autour de la croix, n'ont pas pu non plus l'ouvrir.

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