La cigogne du Mecklembourg à la lance africaine et l'étude des migrations au XIXe siècle
Jusqu'au XIXe siècle, la science ignorait ce qu'il advenait de bien des oiseaux en hiver : où disparaissaient-ils ? À la fin du XVIIIe siècle encore, on supposait que les oiseaux tombaient en hibernation et dormaient sous la neige ou au fond des étangs, ce qui n'est d'ailleurs rien en comparaison de l'idée selon laquelle ils s'envolaient vers la lune.
La preuve de la vie migratrice des oiseaux fut fournie en 1822, lorsqu'on découvrit dans le Mecklembourg une cigogne dont le cou était transpercé d'une lance taillée dans un bois d'Afrique centrale. Ce fut une confirmation éclatante de la migration des oiseaux. Par la suite, on remarqua plus fréquemment des oiseaux porteurs de semblables particularités.
Cependant, l'étude scientifique des migrations aviaires ne débuta que vers la fin du XIXe siècle, lorsqu'on imagina de fixer aux pattes des oiseaux des bagues d'aluminium portant des indications géographiques.
Cette ignorance est assez étrange à considérer, quand on sait qu'Aristote écrivait déjà à propos des cigognes qui volaient de la Scythie vers le cours du Nil
