Le laboratoire alchimique de Newton, durant ses années à Cambridge, se trouvait dans le jardin du Trinity College, entre la chapelle et la porte du collège ; son emplacement exact est inconnu, mais les fouilles en ont fixé la localisation approximative, e
Le laboratoire alchimique de Newton, durant ses années à Cambridge, se trouvait dans le jardin du Trinity College, entre la chapelle et la porte du collège ; son emplacement exact est inconnu, mais les fouilles en ont fixé la localisation approximative, en mettant au jour des résidus d'expériences chimiques. On sait que Newton consacrait ses expériences nocturnes pour l'essentiel à la transmutation des métaux.
Lorsque Newton devint, en 1696, directeur de la Monnaie, il devint malséant de mentionner ses liens avec l'alchimie. Or, quelques années plus tôt, il avait traversé un grave trouble nerveux, que l'on attribue généralement à un long commerce avec des substances nocives, métaux lourds et vapeurs de mercure. Mais il existe une vue plus originale sur l'obscurcissement de l'esprit qui bouleversa la vie de Newton en 1690-1693 : on y voit la conséquence d'un incendie du laboratoire, qui aurait détruit des années de travaux et de notes. Selon la légende, l'incendie qui ravagea l'atelier alchimique serait dû à Diamond, le petit chien de Newton. Nombre de ses manuscrits, lettres et papiers conservés portent des traces de feu et de suie. Le mathématicien Wallis rapportait que les preuves de la découverte, par Newton lui-même, du calcul des fluxions avaient péri dans le laboratoire.
L'étudiant Abraham de la Pryme a laissé de l'incident une note dont voici la teneur :
« Parmi tous les livres qu'il avait écrits, il y en avait un sur les couleurs et la lumière, fondé sur des milliers d'expériences qu'il avait menées pendant vingt ans, y dépensant plusieurs centaines de livres. Ce livre, qu'il prisait si haut et dont on parlait tant, a péri et s'est perdu sans retour, alors que le savant auteur l'achevait presque, de la manière suivante : un matin d'hiver, ayant laissé le livre avec d'autres papiers sur sa table de travail, il se rendit à l'église. La chandelle que, par malheur, il avait laissée allumée mit le feu, d'une façon ou d'une autre, aux papiers, puis au livre, et avec lui à d'autres manuscrits précieux ; le plus surprenant est que l'incendie s'arrêta là. Lorsque M. Newton revint de l'église et vit ce qui s'était passé, tout le monde pensa qu'il avait perdu la raison : il fut si bouleversé par l'événement qu'il ne recouvra ses esprits qu'au bout d'un mois. »
Reste que la maladie nerveuse et l'incendie coïncidèrent avec la période la plus intense du travail sur le texte des Principia.