Alexis II et Iouri Loujkov à l'inauguration du MKAD après sa reconstruction, en septembre 1998
Lors de son ouverture en 1962, le MKAD passait pour une voie de pointe à l'échelle de l'URSS. Il comptait deux voies dans chaque sens, un large terre-plein gazonné en guise de séparateur, et 33 échangeurs en trèfle jalonnaient son tracé. On disait qu'il n'existait pas encore d'équivalent d'une telle route en URSS, mais, à y regarder de près, hormis les échangeurs et sa forme circulaire, le MKAD ressemblait à une route de campagne des plus ordinaires.
À la fin des années 1980, la charge de circulation avait considérablement augmenté, et l'on décida de supprimer la bande médiane gazonnée, ce qui ajouta une voie de chaque côté. Cette décision se révéla catastrophique : les flux en sens inverse n'étaient plus séparés par rien, et, faute d'éclairage et à grande vitesse, les voitures se ruaient littéralement les unes contre les autres. Les collisions frontales devinrent si fréquentes que l'on se mit à appeler cette route la « route de la mort ». Chaque année, le MKAD faisait environ deux cents morts et des centaines de blessés.
Du point de vue de la circulation non plus, les problèmes n'étaient pas résolus : le débit n'avait presque pas changé par rapport à l'origine, et aux heures de pointe le flux avançait à une vitesse pouvant tomber à 40 km/h.
Somme toute, la reconstruction s'imposait comme une nécessité criante. Les travaux se déroulèrent de 1995 à 1998, sous Iouri Loujkov. Le MKAD reçut enfin un véritable élargissement. La largeur de la chaussée fut portée à 50 mètres, avec jusqu'à cinq voies dans chaque sens. Tous les réseaux souterrains furent refaits, de nouveaux ponts et viaducs furent construits. Et oui, pendant la reconstruction, le MKAD ne fut jamais fermé entièrement : les travaux étaient menés section par section. Le coût du projet s'éleva à 24 milliards de roubles aux prix de 1995, soit un peu plus de 5 millions de dollars. Je pense qu'aujourd'hui, cette somme suffirait tout juste à construire 5 kilomètres d'autoroute moderne avec ses échangeurs.