Le 15 septembre 1959 débutait la première visite d'un dirigeant soviétique aux États-Unis
Le Spoutnik de l'URSS est en orbite autour de la Terre, la fusée de l'URSS sur la Lune, et le dirigeant de l'URSS arrive aux États-Unis à bord d'un Tu-114 soviétique, le plus grand avion de ligne du monde.
Khrouchtchev visita Washington, New York, Los Angeles, San Francisco et Des Moines, et stupéfia les Américains par la spontanéité et l'originalité de ses vues.
Lors de sa rencontre avec les magnats de la finance à l'Economic Club de New York, Khrouchtchev compara l'assistance à la foule qui, dans les contrées reculées de l'URSS, se rassemble pour voir un chameau, et peut-être lui tirer la queue. Et lorsqu'un communiste apparaît au milieu de la fine fleur du monde capitaliste, poursuivit-il, on comprend que naisse l'envie de le regarder et, si par hasard il avait une queue, de la lui tirer.
Le voyage de Khrouchtchev aux États-Unis est raconté très en détail dans le livre « Face à face avec l'Amérique ». Ce qui frappe, ce sont les appels constants de Khrouchtchev à la paix.
À New York, il déclara : « Nous sommes fiers de notre système, de notre peuple, de notre État et de nos réalisations. Nous voulons être de bons partenaires commerciaux pour vous, comme pour tous les pays. »
À l'usine de machines agricoles de Des Moines, il proposa de rivaliser dans la production de maïs plutôt que de bombes : « Oui, notre peuple a lancé le mot d'ordre : "Rattraper et dépasser les États-Unis pour la production par habitant". Mais peut-on y voir une quelconque "menace" pour les Américains ? Nous ne sommes pas du tout enclins, par exemple, à considérer les fermiers de l'Iowa comme des gens agressifs au motif qu'ils produisent beaucoup plus de maïs et de viande que n'en produisent à présent les kolkhozes du Kouban. Nous vous défions à la compétition dans la production de viande, de lait, de beurre, de biens de consommation courante, de machines, d'acier, de charbon, de pétrole, afin que les gens vivent mieux. C'est une émulation bien plus utile que la course à l'accumulation de bombes à hydrogène et d'armements en tout genre. Qu'il y ait plus de maïs et de viande, et pas du tout de bombes à hydrogène ! »
Il revient à plusieurs reprises sur cette idée : « Si nous nous engageons sur la voie de la compétition pacifique, tous les peuples en sortiront gagnants, car il n'y aura pas de guerres entre les États, le sang des hommes ne coulera pas. »





