Une plaque à la mémoire de Vladimir Tchertkov, ami de Léon Nikolaïevitch Tolstoï, son éditeur et son imprimeur
Nombre de Tolstoï, pour des raisons compréhensibles, n'aiment guère Tchertkov, l'ami le plus proche, le confident, le compagnon d'idées et de combat de Léon Nikolaïevitch.
Pour mesurer la place de Tchertkov dans la vie de Tolstoï, il suffit de rappeler que leur correspondance occupe cinq volumes de ses œuvres complètes.
Tchertkov, si l'on peut dire, était venu aux vues de Tolstoï par ses propres moyens : avant même de connaître le comte, il s'était fait le partisan de l'aide aux paysans et de l'instruction des couches les plus pauvres. La conduite de ce rejeton d'une famille privilégiée et proche de la cour fut si éclatante qu'on en rendit aussitôt compte à l'empereur, et Alexandre III ordonna de placer sous surveillance le barine « simplifié ».
« Si Tchertkov n'existait pas, il faudrait l'inventer », écrivait Tolstoï. Ils devinrent amis d'emblée, et pour très longtemps.
Tchertkov fut persécuté, filé, perquisitionné, on lui confisqua les textes interdits de Tolstoï, qu'il finirait par publier en Angleterre.