Vous le voyez sans doute vous-mêmes : ces jours-ci, la Douma d'État nous prodigue un nombre invraisemblable de très mauvaises nouvelles
Vous le voyez sans doute vous-mêmes : ces jours-ci, la Douma d'État nous prodigue un nombre invraisemblable de très mauvaises nouvelles. Aujourd'hui, en première lecture, ont été adoptés des amendements à la loi « Sur l'éducation » instaurant un contrôle sur toute activité d'éducation populaire. Ce projet de loi effroyable propose de contrôler l'activité « hors du cadre des programmes éducatifs, visant à diffuser des connaissances, des savoir-faire, des compétences, des orientations de valeurs, de l'expérience, aux fins du développement intellectuel, spirituel et moral, créatif, physique ou professionnel de la personne ». Tous les projets d'éducation populaire, toute formation dispensée hors des écoles et des universités devront être soumis à l'agrément des autorités, sous prétexte de lutter contre « la diffusion d'informations illégales et la propagande antirusse en milieu scolaire et étudiant ». Seront menacés les cours, les conférences, les laboratoires étudiants, les séminaires, les espaces de débat, les écoles ouvertes, les ateliers pédagogiques, les festivals de vulgarisation, et la liste pourrait aisément s'allonger. L'organe du pouvoir auquel on livrera ce domaine à discrétion décidera de ce qu'il est permis d'enseigner et de ce qui ne l'est pas ; cela revient, en fait, à une censure pleine et directe du secteur non gouvernemental de l'activité éducative, et je pense que vous mesurez vous-mêmes l'ampleur et la nocivité des conséquences. La plupart des projets éducatifs indépendants seront tout simplement anéantis. Pour l'instant, le projet n'a franchi que la première lecture, mais faut-il douter qu'il soit adopté, et peut-on espérer qu'il soit rejeté ?