Lors de la visite d'Alexandre Ier à Londres en 1814, les atours et les allures des aristocrates russes, et le tsar lui-même, firent grande impression sur le monde anglais
Lors de la visite d'Alexandre Ier à Londres en 1814, les atours et les allures des aristocrates russes, et le tsar lui-même, firent grande impression sur le monde anglais. La mode russe revint à l'honneur, et les Anglaises s'affublèrent de sarafans. Le sarafan devint l'une des tenues préférées de la princesse Charlotte, qui y est représentée sur de nombreux portraits. Celui-ci, en soie française d'un bleu azur, garni de galon d'or et de dentelle, a été cousu en Grande-Bretagne. Elle le portait pendant sa grossesse : la longue jupe, nouée haut sous la poitrine, dissimule le ventre et laisse la silhouette gracieuse. Ce vêtement jadis en vogue, aux racines russes, ne se rencontre plus, hélas, que rarement dans la mode, deux siècles plus tard, alors qu'il garde aujourd'hui encore fort belle allure. À l'origine, en Russie, le sarafan était un vêtement masculin et ressemblait plutôt à une robe de chambre ou à un caftan ; perdant peu à peu divers éléments, il devint une robe féminine qui ne se déboutonne pas, aux bras nus, tandis que les boutons et la fermeture médiane ne sont plus qu'un ornement, un hommage à la signification historique de cette petite pièce d'habillement.
