samedi, 3 octobre 2026

Le pape François soutient les unions civiles dans un documentaire sans évoquer le mariage

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Je vois que de nombreux médias ont titré : « Le pape reconnaît les unions homosexuelles » ou « Le pape appelle à légaliser le mariage gay ». Mettons les choses au clair d'emblée. Premièrement, la déclaration d'aujourd'hui est d'une tout autre nature, comme je l'écrivais plus tôt ; deuxièmement, elle a été faite sous une forme assez inhabituelle pour le Vatican, à savoir comme réponse à une question posée lors d'un entretien, enregistré pour un documentaire. Oui, cela a pris tout le monde par surprise. Mais toute déclaration de ce genre, pour devenir officielle ou pour exprimer la position de l'Église ou de son chef, c'est-à-dire pour acquérir un véritable poids politique, aurait dû paraître sous la forme d'un document pontifical, connu sous le nom d'encyclique. Je n'ai pas encore vu de commentaires officiels du Vatican. Quant au film, il se contente de relater les vues du pape sur diverses questions de la vie, situations et problèmes sociaux.

Que nous montre le film d'Evgeny Afineevsky ? L'histoire d'un Italien homosexuel, Andrea Rubera, qui assista à l'une des messes papales à Sainte-Marthe et remit au pape un billet où il parlait de lui et demandait s'il devait, avec son compagnon, amener leurs enfants à l'église, où on risquait de les juger comme enfants d'un couple homosexuel. Nous apprenons que François a lu ce billet et a téléphoné à Rubera, l'exhortant au cours de la conversation à amener ses enfants à l'église et à ne rien cacher de la vérité au prêtre. C'est précisément à ce propos que François a fait sa déclaration en faveur des unions civiles.

Alors. En faveur de quoi, très exactement, le pape François s'est-il prononcé ? Il s'est exprimé pour les droits des unions civiles conclues entre des personnes de tout sexe. Il a prononcé précisément les mots d'union civile et de famille ; il n'a pas été question de mariage.

Jusqu'ici, la position de l'Église sur les mariages entre personnes de même sexe était sans ambiguïté négative. Benoît XVI soulignait à maintes reprises l'impossibilité et l'inacceptabilité de ces mariages, insistant sur le fait que seul le fruit de l'amour entre un homme et une femme peut s'appeler mariage, et qualifiant les autres types d'unions de fragiles, de faibles. Il est vrai que le Vatican de l'ère Benoît déclarait aussi inadmissible toute tentative d'introduire dans la législation la notion de droits pour les couples non mariés en général, sans parler, a fortiori, des couples de même sexe. Cela pesait aussi sur les positions conservatrices de la politique italienne, par exemple sur l'interdiction de mentionner les noms de parents de même sexe dans les documents de leurs enfants.

Les unions de même sexe elles-mêmes n'ont été légalisées en Italie, sous le statut d'unions civiles, qu'en 2016, et encore n'ont-elles pas obtenu l'éventail complet des droits des unions hétérosexuelles, notamment ceux qui touchent à la protection des enfants.

Autrement dit, la nouvelle d'aujourd'hui est que le pape de Rome vient seulement de tourner son regard vers des normes déjà adoptées dans de nombreux pays du monde et, en partie, en Italie. Jamais auparavant aucun pape ne s'était exprimé sur les droits civils des couples de même sexe. C'est réellement une grande avancée, mais jusqu'ici seulement idéologique et médiatique. Néanmoins, les paroles prononcées aujourd'hui par François devraient en principe modifier le statu quo, selon lequel l'attitude de l'Église catholique envers les unions civiles entre personnes de même sexe restait à la discrétion des épiscopats nationaux et n'était pas centralisée.

Mais il ne faut pas oublier, et vous pouvez le lire dans mes billets précédents, que François, du moins jusqu'à présent, était un défenseur du mariage traditionnel précisément, et un partisan de la séparation terminologique entre la notion de mariage et celle d'unions civiles, dont relève la cohabitation des couples de même sexe.

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