mardi, 6 octobre 2026

Wikipédia cite un souvenir très vif d'Isaac Brodsky, artiste du peuple, laissé par Korneï Tchoukovski, qui l'avait rencontré en 1926 pour parler de son maître Ilia Répine : « …Ah, quel train de vie fastueux — et quel ennui!

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Wikipédia cite un souvenir très vif d'Isaac Brodsky, artiste du peuple, laissé par Korneï Tchoukovski, qui l'avait rencontré en 1926 pour parler de son maître Ilia Répine : « …Ah, quel train de vie fastueux — et quel ennui! Dès l'antichambre pendent chez lui des portraits et des portraitins de Lénine, fabriqués par ses soins à des prix variés, et dans la salle à manger — qui lui sert aussi d'atelier — on ne sait où se fourrer pour échapper à „l'Exécution des communistes à Bakou“... Et le pire, c'est qu'il en a plusieurs douzaines, de ces tableaux. Là, sur des chevalets, des toiles, et quelques barbouilleurs font vite et habilement des copies de ce tableau, et Brodsky retouche un tout petit peu ces copies et y appose son nom. On lui a commandé 60 „exécutions“ identiques pour des clubs, des soviets ruraux, etc., et il peint ces tableaux de mains étrangères, y met sa signature et vit comme un coq en pâte. Toutes les „exécutions“ sont dans des cadres noirs. Sous mes yeux, un des copistes a reçu de lui 20 tchervonets pour cinq „exécutions“. Il en demandait 25.

Brodsky lui-même est fort aimable. …pour acheter des tableaux (il possède une excellente collection de Vroubel, de Maliavine, de Iouri Répine, etc.), pour vivre à l'aise et fastueusement, il lui faut faire des „exécutions“ et fabriquer du Lénine, du Lénine, du Lénine. Ici encore, le petit-bourgeois, défendant son droit à une vie petite-bourgeoise, se couvre d'une psychologie qui lui est étrangère…

…je me suis souvenu de ce jeune artiste svelte et élégant, qui avait lui aussi jadis sa musique inimitable — dans ses portraits, dans ses panneaux décoratifs. Son talent l'a quitté en même temps que sa taille fine et son teint pâle. »

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