Dans l'étroit couloir de l'église du Sacré-Cœur, les pièces attestant l'apparition des âmes du purgatoire sont accrochées tout bonnement aux murs
Dans l'étroit couloir de l'église du Sacré-Cœur, les pièces attestant l'apparition des âmes du purgatoire sont accrochées tout bonnement aux murs. Ce sont des pages de livres de prières de religieuses, où sont imprimées les empreintes de doigts brûlantes de leurs sœurs qui, après leur mort, sont apparues à celles qui priaient ; il y a aussi une tablette de bois portant l'empreinte de feu d'une âme rebelle, ainsi qu'un bonnet de nuit et une manche de chemise de nuit marqués d'une trace de doigts brûlée, parfaitement nette. Toutes les pièces datent du XIXe siècle, c'est-à-dire de l'époque où vivait le fondateur du musée, et représentent précisément des marques de feu en forme de doigts, de paume ou de crucifix. Certains objets ont été remplacés par des photocopies. Si c'est une mystification, elle est assez talentueuse et ingénieuse ; et si ce sont de véritables traces d'une présence paranormale, alors ma frayeur n'était pas vaine. L'exposition est fort simple, un tantinet naïve même, surtout si l'on songe que l'idée du purgatoire ne s'est constituée qu'au XIIIe siècle. Quoi qu'il en soit, qu'y a-t-il de plus intrigant qu'un Musée des âmes en peine ?


