dimanche, 4 octobre 2026

L'évêque texan Joseph Strickland signe une lettre ouverte contre la vaccination

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Une lettre ouverte d'évêques catholiques contre la vaccination circule sur la toile. Certes, la lettre datée du 12 décembre ne porte que les signatures d'un petit groupe de figures catholiques d'extrême droite, mais non seulement la direction de l'Église, mais sans doute aussi quelques autorités civiles gagneraient à examiner cette démarche de plus près : parmi les signataires, ces grandes gueules suspendues de leur ministère, ces dissidents en série et ces simples aventuriers dont la carrière ne repose que sur l'autopromotion, figure tout de même le nom de Joseph Strickland, du Texas, collaborateur régulier de la revue « Catholic Answers » et adversaire de longue date du pape François. Un évêque diocésain en exercice, je vous prie de le noter, détenteur d'un réel pouvoir ecclésial et habilité à imposer aux fidèles de son diocèse telles ou telles obligations ; ses déclarations peuvent donc porter un préjudice direct à la santé des paroissiens, non seulement spirituelle, mais aussi physique, et plus encore menacer la vie d'un cercle bien plus large de personnes extérieures à l'Église.

Quelle est la substance de la protestation ? La lettre affirme que les catholiques ne peuvent accepter le vaccin contre le coronavirus, car il aurait été mis au point avec le concours de cellules fœtales, c'est-à-dire de bébés. En conséquence, la diffusion du vaccin et l'encouragement à la vaccination reviendraient à approuver la pratique pécheresse de l'avortement. Que dire ? C'est une chose quand ces mêmes gens refusent de reconnaître la victoire de Biden ou défendent quelque théorie du complot plus nébuleuse ; c'en est une autre quand ils contredisent les conclusions des autorités de leur propre institution et mentent effrontément : c'est tout simplement stupide et déshonorant.

Il ne s'agit pas seulement des conséquences fatales du déclin du bon sens, du rejet de la science et de l'érosion de la morale catholique, mais, plus élémentairement, du désaccord de la lettre contre le vaccin avec les conclusions des commissions catholiques de bioéthique et des comités de théologie morale, qui s'accordent avec la science officielle, laquelle montre que la fabrication d'aucun des vaccins n'a fait appel à des cellules de bébés avortés.

Naturellement, les protestataires ne tiennent pas compte non plus des décisions du Vatican et de l'épiscopat américain, selon lesquelles la participation à la vaccination devrait être considérée comme un acte de charité envers le prochain, une responsabilité pour le bien commun et une marque d'amour et de compassion envers les plus faibles et les plus vulnérables.

Je rappelle que, auparavant, Strickland et sa compagnie ont figuré dans les rangs de la « Révolte de Noël », appelant les catholiques du monde entier à assister aux offices de Noël en dépit des restrictions imposées par les autorités civiles et ecclésiastiques. Au printemps, ces mêmes personnes ont activement promu une initiative analogue pour Pâques. Il a signé un manifeste dénonçant la destruction de siècles de civilisation chrétienne par la santé publique sous couvert d'une pandémie imaginaire. Aux côtés de fous notoires tels que le professeur Denis Rancourt, le dissident du covid Andrew Wakefield et le docteur Andrew Kaufman, Strickland est l'un des principaux porte-parole d'une force assez influente aux États-Unis qui s'oppose à la vaccination.

Mais on se réjouira de voir que les humeurs paranoïaques et l'obsession d'un complot mondial ne gagnent en définitive que des représentants marginalisés du clergé. Tandis que des pasteurs sensés élèvent leur prière pour que l'évêque Joseph Strickland retrouve la raison, lui dont les errements et les vues inquiétantes causent un tort bien réel au corps de l'Église.

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