vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

À Rome, au palais du Quirinal, l'exposition « Napoli Ottocento », c'est-à-dire « Naples, XIXe siècle », est ouverte jusqu'au 16 juin

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À Rome, au palais du Quirinal, l'exposition « Napoli Ottocento », c'est-à-dire « Naples, XIXe siècle », est ouverte jusqu'au 16 juin

À la fin du XVIIIe siècle, la découverte des ruines de Pompéi, l'immense vogue du Grand Tour, itinéraire éclairé des aristocrates et des élites, la curiosité pour les éruptions incessantes du Vésuve et le goût des paysages romantiques firent de Naples la troisième ville d'Europe, après Paris et Londres.

C'est précisément à cette époque que naît le mouvement touristique dont nous sommes les héritiers. Dès le début du XIXe siècle, il n'est plus un seul État éclairé dont les citoyens ne parcourent l'Europe avec, comme étape obligée, un arrêt à Naples.

Mais l'attention portée à Naples ne se borne pas à la vision romantique : sous l'influence des peintres français de Barbizon, la mode vient d'idéaliser toute l'image de la ville, avec ses quartiers populaires et ses curiosités, son volcan et ses îles. La nouvelle génération de voyageurs créateurs veut voir et connaître les Napolitains, et en dessine un portrait romancé et généralisé, qui diffère de façon frappante de la réalité de ces gens pauvres, à la limite de la misère, et de leur existence morne et monotone.

Vers la fin du XIXe siècle, le créateur trouve plus aisé de se réfugier dans un passé que la culture touristique a réinventé de telle sorte que sa cruauté et son âpreté paraissent plus supportables qu'elles ne l'étaient en vérité.

Naples devient la capitale de la nostalgie d'un pays pastoral imaginaire et idyllique. Ce n'est plus l'Italie, c'est plutôt une Grèce antique redécouverte, un paradis perdu que les artistes ont façonné et sur lequel on se met à projeter ses fantasmes et ses regrets d'un rêve impossible : trouver la terre des désirs, du bonheur et des plaisirs

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