Au Musée de Moscou, une exposition plutôt réussie, «Ôtez le renard empaillé», consacrée au mouvement de l'étude locale et au canon
Au Musée de Moscou, une exposition plutôt réussie, «Ôtez le renard empaillé», est consacrée au mouvement de l'étude locale (le kraïevedénié) et au canon. Les organisateurs déclarent que le projet doit dissiper «le halo nostalgique qui entoure le musée d'histoire locale». À votre guise.
Nombre d'historiens regardent les érudits locaux de haut, à peu près comme les historiens de l'art regardent les guides-conférenciers. Je ne partage pas ce dédain. Premièrement, parlons du caractère unique de notre étude locale ; deuxièmement, ce sont bien des recherches d'érudits locaux qui, d'une manière ou d'une autre, se trouvent aux sources d'un certain nombre de découvertes scientifiques et de courants disciplinaires.
Il ne devrait pas y avoir d'opposition entre l'historien et l'érudit local, en particulier sous la forme du savant contre l'amateur. Dans un pays aussi immense, à la base matérielle aussi vétuste et aux infrastructures aussi insuffisantes, les musées d'histoire locale restent de rares foyers de culture et d'instruction historique pour bien des territoires reculés.
L'étude locale mérite d'être soutenue : c'est l'un des facteurs qui font croître chez les gens la conscience de soi, non seulement comme parties d'un peuple, de quelque chose d'abstrait, mais aussi comme parties d'un lieu concret, d'un village, d'une terre, d'une légende...
