Les pantalons magiques naubrouki en peau de mort, leur fabrication et leur transmission
En Islande, jusqu'au XVIIe siècle au moins, l'homme avide de richesses pouvait se confectionner, à cette fin, un pantalon magique.
Il fallait d'abord demander à un homme la permission de tailler un pantalon dans sa peau. Une fois celui-ci passé de vie à trépas, on déterrait son cadavre, on lui ôtait la peau sous la ceinture, d'une seule pièce et sans la moindre entaille, puis on l'enfilait. Dans le scrotum, il convenait de glisser une piécette dérobée à une veuve le jour de Pâques, de Noël ou de la Pentecôte, avec un petit papier portant une formule particulière : tant que la piécette demeurait dans la bourse, la fortune était garantie.
Une subtilité cependant : le propriétaire de ce caleçon ensorcelé se voyait, après sa mort, condamné à des tourments éternels, à moins de parvenir à le transmettre à quelqu'un avant de trépasser. Le nouveau propriétaire devait enfiler la jambe droite pendant que l'ancien retirait la gauche, faute de quoi la transmission n'avait pas lieu.
Hélas, on ignore combien de personnes se sont enrichies grâce à ces caleçons magiques, et l'on ne connaît à ce jour qu'un seul exemplaire de cet artefact. Qui sait si les autres nábrókur ne se transmettent pas encore de génération en génération dans quelque famille bien connue.