samedi, 3 octobre 2026

Les doutes des fidèles sur la validité de la renonciation du pape Benoît XVI

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En février, cela aurait fait 10 ans que le pape Benoît XVI stupéfiait le monde entier en renonçant à sa charge. Je me rappelle fort bien ce jour-là, et l'état de choc dans lequel il m'a plongé. Certes, cette situation hors du commun en a frappé beaucoup, mais, pour ma part, elle ne cesse de me tourmenter.

À y regarder de près, l'opinion alternative très répandue selon laquelle Benoît XVI serait demeuré durant tout ce temps le véritable pape n'a rien de si marginal. Voyons donc quelles subtilités de l'abdication pontificale ont tout de même fait douter de sa réalité un nombre considérable de fidèles, ce qui a naturellement mis, et met encore, en question la légitimité du pontificat de François.

Il ne s'agit pas seulement du fait que c'était la première fois en six cents ans qu'un pape quittait volontairement le trône : cette histoire recèle bien des détails intéressants.

Premièrement, lorsque le pape Grégoire XII a démissionné en 1415, ce fameux premier cas d'il y a six cents ans, il a véritablement cessé d'être pape. Benoît XVI, lui, a conservé le titre pontifical, fût-ce avec la précision de Pope Emeritus : ce qui, au fond, ne change rien tant que l'intéressé continue de s'appeler pape. Grégoire XII, au contraire, a bel et bien renoncé à cette appellation, quitté la soutane blanche des papes, revêtu la pourpre cardinalice et réintégré le collège des cardinaux.

Après son abdication, nul ne s'est jamais adressé à Grégoire XII en disant « Votre Sainteté ». On l'appelait « Votre Éminence », comme il se doit pour un cardinal. Benoît XVI, en revanche, a gardé la titulature pontificale. Assurément, pour une abdication complète, le titre de « cardinal-évêque émérite » aurait été plus approprié que celui de « pape émérite ».

Deuxièmement. Benoît ne s'est pas séparé de son nom pontifical, adopté le jour de son élection au siège de Rome. En bonne logique, dès l'abdication, on aurait dû l'appeler du nom reçu à son baptême, Joseph Ratzinger, avec le titre d'« évêque émérite de Rome », ou simplement cardinal Ratzinger.

Troisièmement. Benoît a continué de porter la soutane papale au lieu de revêtir la robe noire. Bien plus, il a conservé un certain nombre de prérogatives pontificales. Et il n'a même pas quitté le Vatican. Autrement dit, il était pape au même endroit, sous le même nom, dans le même habit, avec presque le même titre.

Quatrièmement. Selon le droit canonique catholique, il ne peut juridiquement exister qu'un seul pape ; le titre de « pape émérite » ne saurait tout simplement pas exister. Par conséquent, l'un des deux, Benoît ou François, n'aurait pas dû être appelé pape.

Cinquièmement. Lorsque Benoît a annoncé son abdication, il a déclaré qu'il n'avait plus la force de gouverner une Église comptant 1,3 milliard de membres, et qu'il demeurerait ensuite caché du monde, vivant dans la retraite d'un monastère à l'intérieur des murs du Vatican. Par la volonté de Dieu, cet homme de 85 ans, qui se plaignait de la faiblesse de l'âge, a vécu jusqu'à 95 ans, se montrant périodiquement au public, s'exprimant sur des sujets intéressant toute l'Église, exposant ses vues dans des lettres ouvertes et poursuivant même la publication de ses travaux théologiques. Caché du monde, Benoît ne l'est tout de même pas resté ; il a même assisté à toute une série d'offices et de cérémonies publiques aux côtés de son successeur François.

Sixièmement. Parmi les raisons inavouées pour lesquelles Benoît serait en réalité resté pape, on cite parfois une théorie singulière : il aurait employé un latin incorrect dans sa déclaration officielle de renonciation. Et bien que les textes législatifs régissant cette procédure ne comptent pas l'exactitude du latin parmi leurs exigences, on y ajoute souvent que les cardinaux réunis en conclave en mars 2013, qui élurent François, auraient enfreint certaines règles de procédure, ce qui pourrait rendre son élection invalide.

Dans les premières années qui ont suivi l'abdication de Benoît, les rumeurs sur la nullité de son départ étaient si vives qu'il est lui-même intervenu sur le sujet, qualifiant, avec un mécontentement non dissimulé, d'absurdes les idées selon lesquelles il serait encore le véritable pape. Benoît XVI a commenté à plusieurs reprises son départ, disant que la décision avait été difficile, mais qu'il s'agissait d'un choix pleinement conscient et, à son avis, juste.

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