vendredi, 2 octobre 2026 · Almaty

En 2014, on écrivait que l'ancien propriétaire d'Ouralkali, Dmitri Rybolovlev, avait vendu son dernier grand actif russe, « Voentorg »

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En 2014, on écrivait que l'ancien propriétaire d'Ouralkali, Dmitri Rybolovlev, avait vendu son dernier grand actif russe, « Voentorg ». Mais, comme on allait le constater trois ans plus tard, il restait tout de même au milliardaire quelque chose de valable en Russie. En 2017, il a commencé à dissiper sa célèbre collection d'art européen, où figuraient des œuvres de Modigliani, Monet, Rothko, Van Gogh et Klimt.

À ce jour, Rybolovlev, qui a perdu l'an dernier trois places dans le classement des hommes d'affaires les plus riches de Russie (de la 12e à la 15e), a déjà eu le temps de vendre Magritte, Picasso et Gauguin. Mais, dit-on, pas très avantageusement. Il a même attaqué en justice le marchand qui lui avait placé ces tableaux. Il s'est avéré que le non moins fameux Yves Bouvier l'avait escroqué et floué de près de 120 millions de dollars. Au total, le préjudice infligé à Rybolovlev par Bouvier était estimé à un milliard de dollars.

Et voici qu'on apprend aujourd'hui que l'entrepreneur russe va recevoir près d'un demi-milliard de dollars d'un acheteur anonyme pour un Léonard de Vinci. Quelque temps avant la vente, on s'est soudain mis à débattre fiévreusement de ce tableau. Songez donc : la dernière toile du grand Léonard encore aux mains de particuliers ! Le « Salvator Mundi » a voyagé à New York, Hong Kong, Londres et San Francisco. Et cette campagne promotionnelle en valait la peine.

Il n'en reste pas moins que, dans l'affaire du Salvator Mundi, tout n'est pas aussi limpide que veulent bien le présenter bien des médias. D'abord, le « Sauveur » a longtemps passé pour l'œuvre d'un élève de Vinci, et les plus éminents experts se sont âprement disputés sur son attribution. Ensuite, je voudrais attirer votre attention sur la formule lapidaire « dernière œuvre de Vinci dans une collection privée » : cela sonne de façon impressionnante, mais ne correspond pas à la vérité. Ne serait-ce que parce que ce n'est pas la seule œuvre de Léonard à se trouver en mains privées.

Il y a, par exemple, l'énigmatique « Madone au fuseau » de 1501, connue par trois copies au moins, dont deux sont obstinément attribuées à Vinci lui-même. L'une d'elles appartient au duc de Buccleuch ; beaucoup tentent de contester qu'elle soit de la main du maître, mais les propriétaires démontrent le contraire avec des arguments assez solides.

Ce tableau est d'ailleurs lié à une histoire criminelle : en 2003, il a été dérobé en plein jour dans le château où il est conservé. On l'a simplement sorti par la fenêtre et emporté sous les yeux d'un public ébahi. On pourrait certes y tourner un remake des « Vieux brigands » : les voleurs ont tout bonnement déclaré à tout le monde qu'il s'agissait d'un contrôle de sécurité et qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Heureusement, le tableau a vite été retrouvé et rendu à son foyer, d'où il a ensuite déménagé à la Galerie nationale d'Écosse.

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