Trouvailles archéologiques sur les terres de Kipling et le livre « Puck of Pook's Hill
En 1902, Rudyard Kipling acquit à bon prix une demeure ancienne aux environs du hameau de Burwash, dans le comté de Sussex.
Le chemin qui menait à la maison franchissait une haute colline, dont l'ascension exigeait d'atteler deux chevaux à la voiture, ce qui nuisait fort à l'attrait du bien aux yeux des acquéreurs. Mais non à ceux de Kipling, qui se déplaçait déjà, à cette époque, en locomobile à vapeur, avant de s'offrir un peu plus tard une automobile de marque Lanchester : gravir la colline ne lui posait donc aucune difficulté.
Quant à la maison, elle se révéla un véritable trésor. La partie la plus récente avait trois cents ans.
En creusant un puits, Kipling trouva sur son terrain une pipe du temps du roi Jacques, à sept mètres de profondeur. Puis une cuillère de laiton ayant appartenu à un soldat de Cromwell. Puis une pièce de harnais de cheval en bronze, d'époque romaine. Dans l'épaisseur de la vase, au fond de l'étang, reposaient deux chopes de bière de l'époque élisabéthaine. Au milieu de l'étang gisait une hache de l'âge de pierre, dans un excellent état de conservation.
À la lisière du domaine, Kipling exhuma les ruines d'un moulin qui se dressait là presque depuis les Phéniciens, avec un fourneau de fonte du temps d'Élisabeth. Depuis ses terres partait la route des canons du temps de la grande Armada.
Bref, rien d'étonnant à ce qu'il y ait écrit son livre le plus magique et le plus énigmatique, tout empreint de l'esprit de l'histoire et rendant vie au passé oublié : « Puck, lutin des collines » (Puck of Pook's Hill). Il en reçut le prix Nobel en 1907. Voilà qui rappellera, au cas où on l'aurait oublié, combien notre entourage nous influence.