Nadejda Mandelstam raconte, dans ses souvenirs, une rencontre fortuite avec des homonymes dans un atelier d'horlogerie de Yalta
Nadejda Mandelstam raconte, dans ses souvenirs, une rencontre fortuite avec des homonymes dans un atelier d'horlogerie de Yalta. En rédigeant le reçu, l'horloger resta stupéfait d'entendre de la bouche de ses clients son propre nom de famille. Il invita les Mandelstam chez lui et leur révéla qu'il conservait l'arbre généalogique détaillé de leur lignée, grâce auquel il avait établi, sans l'ombre d'un doute, le degré exact de leur parenté.
«… il s'exclama en entendant notre nom et courut chercher sa femme. Il se trouva qu'elle aussi était une Mandelstam, et que cette famille passait pour un "yikhès", c'est-à-dire une noble lignée rabbinique. . La vieille n'arrivait pas à obtenir de Mandelstam la moindre précision sur la branche dont il était issu. Mandelstam ne connaissait même pas le patronyme de son grand-père. Les vieillards nous invitèrent dans la pièce située derrière la boutique et sortirent d'un coffre une grande feuille sur laquelle était soigneusement dessiné un arbre généalogique. Nous les avons tous retrouvés : le traducteur de la Bible, le médecin de Kyiv, le physicien, les médecins de Léningrad, la femme de l'horloger, et même le grand-père et son père. Il y avait énormément de Mandelstam, bien plus que nous ne le pensions.»
De ce vaste clan des Mandelstam est issu aussi l'archéologue Anatoli Mandelstam, dont le père et l'oncle étaient des médecins réputés.