Tout récemment, je voulais écrire à propos de la création, dans l'oblast de Léningrad, d'une « Agence des parcs », chargée de veiller à la sauvegarde des monuments culturels, à leur utilisation et à la promotion des objets du patrimoine culturel
Tout récemment, je voulais écrire à propos de la création, dans l'oblast de Léningrad, d'une « Agence des parcs », chargée de veiller à la sauvegarde des monuments culturels, à leur utilisation et à la promotion des objets du patrimoine culturel. Relèveront de l'agence des monuments tels que le parc de Prioratsky et le domaine des Demidov dans le village de Taïtsy, district de Gatchina, où les choses ont déjà commencé à bouger : évacuation des déchets, dégagement des allées, aménagement d'espaces publics et travaux sur la forêt.
La nouvelle est plutôt bonne ; toutefois, la joie que m'inspirent les sites de la région a cédé la place à l'inquiétude devant ce qui se passe dans la capitale du Nord elle-même : je vois avec effroi et indignation Saint-Pétersbourg régler leur compte aux militants qui se battent pour la sauvegarde des pavés historiques mis au jour lors de travaux de voirie. Une histoire sauvage, avec des entrepreneurs peu scrupuleux, de véritables descentes de soudards contre les citoyens qui veillaient à ce que les pavés ne soient pas détruits, mais qui n'ont pas tenu le coup. Le tout, cela va de soi, avec la complaisance des autorités municipales.
En bref : avenue Rimski-Korsakov, à la mi-juillet, on s'est mis à creuser pour poser un dallage, mais on est tombé sur des pavés ; des gens non indifférents s'en sont mêlés, ont tenté de faire établir un statut de protection, ont dégagé le pavage et ont fini par obtenir, par on ne sait quel miracle, une décision du comité de protection prescrivant sa muséification. Mais voilà que surgissent de nulle part des gaillards à bulldozer, qui éventrent en un clin d'œil le pavage et se mettent à l'évacuer avec la terre dans un camion-benne, tandis que les militants qui tentaient de les en empêcher sont repoussés sans ménagement. Bref, un scandale. Aujourd'hui, à la suite de cette affaire, une audience s'est tenue au Comité de contrôle d'État, d'utilisation et de protection des monuments d'histoire et de culture, où l'entrepreneur a reçu l'ordre de remettre les pavés en place. Il ne reste qu'à suivre ce spectacle le cœur battant, compte tenu de la compétence et des méthodes de travail de cet organisme.