À quelques encablures de Moscou se dresse l'un des principaux sanctuaires de l'orthodoxie, le monastère Savvino-Storojevski, fondé en 1398 par saint Savva, le thaumaturge de Zvenigorod
À quelques encablures de Moscou se dresse l'un des principaux sanctuaires de l'orthodoxie, le monastère Savvino-Storojevski, fondé en 1398 par saint Savva, le thaumaturge de Zvenigorod. Savva fut l'un des premiers disciples de saint Serge de Radonège.
Le prince Iouri Dmitrievitch vénérait saint Savva et protégeait le monastère. Le prince reçut la bénédiction du saint avant de partir pour une lointaine expédition militaire contre les Bulgares de la Kama et, comme l'avait prédit saint Savva, en revint vainqueur. En témoignage de gratitude, des bourgs et des villages des districts de Zvenigorod et de Rouza furent offerts au monastère.
Vers 1405 fut édifiée la cathédrale de la Nativité, en pierre blanche, à l'entrée de laquelle saint Savva fut inhumé en 1406 ou 1407 ; il fut canonisé au concile de Makariev de 1547.
Au début du XVIIe siècle, le monastère eut à souffrir des armées du premier et du second Faux Dimitri, puis du prince polonais Ladislas, lors de l'intervention polono-lituanienne. Il commença à renaître dès le règne du premier souverain de la dynastie des Romanov, Michel Fiodorovitch, et de son père, le patriarche Philarète.
Lors de la révolte de Khovanski, en 1682, la tsarevna Sophie s'y réfugia, comme on le sait, avec ses frères les tsarévitchs Pierre et Ivan. Bien que le monastère ait joué un rôle si important dans la vie du premier empereur de toutes les Russies, le Savvino-Storojevski perdit peu à peu, à partir du début du XVIIe siècle, sa position, ses privilèges et une grande partie de ses terres ; au milieu du siècle, toutes ses possessions foncières avaient été sécularisées.
Pendant la guerre patriotique de 1812, un combat fut livré à l'ennemi sous les murs du monastère, qui retarda de six heures l'avance des troupes françaises vers Moscou. Du 31 août au 15 octobre 1812, le monastère fut occupé par les troupes françaises sous le commandement du général de Beauharnais. Selon la légende, saint Savva apparut en songe au général de Beauharnais et lui interdit de piller le monastère. Et de fait, à la libération du lieu, ses reliques demeurèrent intactes. Croire ou non à l'apparition de saint Savva est affaire de chacun. Mais un fait demeure : Eugène de Beauharnais fut à peu près le seul des généraux français à survivre à cette guerre, et il ne fut même blessé dans aucune des batailles qui suivirent.
Le monastère Savvino-Storojevski compte aujourd'hui 30 moines et novices. C'est par leur labeur que renaissent les églises du monastère, que se poursuit la restauration du palais du tsar Alexis Mikhaïlovitch, du clocher, des remparts et des tours. Le monastère abrite une bibliothèque dotée d'une salle de lecture, dont le fonds compte 6 500 volumes.
Je vous recommande de tout cœur de visiter ce coin divin.








