Je suis allé aujourd'hui à une vente de bric-à-brac
Je suis allé aujourd'hui à une vente de bric-à-brac. Il existe une organisation qui débarrasse les gens de leurs objets et meubles dont ils ne veulent plus, gratuitement ou contre une somme modique, selon les objets ou selon le déménagement. Toute cette vieillerie atterrit dans un entrepôt, dont l'entrée coûtait aujourd'hui 1000 roubles ; après quoi, c'est simple : prends tout ce que tu peux emporter. Nous sommes arrivés, ma compagne et moi, vers le soir, et nous devions offrir un spectacle comique, chargés que nous étions de sacs du TsOUM. Je ne sais trop ce que j'espérais, mais, en amateur d'antiquités, j'aime regarder la vente d'objets anciens, quels qu'ils soient. À sept heures et demie, l'entrepôt était presque vide ; il restait pas mal de vêtements, dont je ne me suis pas approché : leur odeur m'a suffi. Quelques canapés défoncés, de vieux téléviseurs, un grand compartiment de livres (enfin, une simple pièce avec des étagères et une montagne de papier mis au rebut sur le sol). Le choix était vaste : des romans policiers aux couvertures bariolées aux dictionnaires encyclopédiques, beaucoup d'ouvrages d'histoire, mais l'envie de fouiller ne m'est pas venue. À la surface, j'ai trouvé une épistémologie, un petit livre sur les émaux de Rostov et un autre sur l'appartement de Pouchkine. Hélas, des séries de cartes postales, il ne restait que les enveloppes vides. Voilà tout. Mes trois trouvailles, d'ailleurs, je les ai laissées à la sortie : je n'ai pas eu le cœur de les rapporter à la maison. Dans l'ensemble, je ne regrette pas d'y être allé, mais le profit est nul ; du reste, il était clair d'emblée que je ne rapporterais pas chez moi la vieillerie d'autrui. Les amateurs, eux, auraient pu faire leur miel de cristal soviétique ou de hardes. Autre sujet d'étonnement : personne n'avait emporté les skis alpins, pourtant assez chers ; il y en avait bien six paires dans un coin de l'entrepôt, sans chaussures, certes, mais tout de même.