Le président de la République se plaint, dans son livre, d'avoir dû appuyer lui-même sur les touches du téléphone
Il semble que Nicolas Sarkozy soit un zoomer.
Dans son livre, désormais fort commenté, l'ancien président de la République écrit des choses bien étonnantes. Par exemple, que pour passer un appel téléphonique il lui fallait « composer au moins dix chiffres, dont chacun est un code nécessaire pour établir la connexion et, enfin, joindre la personne voulue », comparant cet effort à un véritable « parcours du combattant ».
Certes, l'accès à un « téléphone fixé au mur, à hauteur des yeux », avec, de surcroît, l'obligation d'appuyer soi-même sur les touches, voilà une épreuve comparable à l'ascension de l'Everest.
À ma connaissance, tous les numéros de téléphone français comptent dix chiffres, mais il serait surprenant que Sarkozy ne l'ait appris qu'à soixante-dix ans, en découvrant que composer un numéro aussi long était un véritable supplice. Et ne se souvient-il donc pas de l'époque où, pour téléphoner, il fallait composer le numéro à la main ? Et s'il s'était agi d'un téléphone à cadran, que serait-il advenu de notre héros ? Oui, peut-être a-t-il eu pendant de longues années un homme dédié à appuyer sur les touches à sa place, mais il n'est pas devenu d'emblée un personnage d'importance : il fut bien un temps où décrocher le combiné et composer un numéro était chose courante, non ?
Ou bien nous avons là la preuve que le livre a été écrit par un nègre peu qualifié, ou par un très jeune homme qui n'a jamais eu à se servir d'un téléphone sans répertoire préprogrammé, ou bien l'intelligence artificielle n'y est tout de même pas étrangère. Ou bien encore, si l'on suppose que l'auteur est Sarkozy lui-même, ce qu'il est difficile de croire, il faut admettre qu'il n'est pas tout à fait dans son état normal.
