L'histoire matrimoniale du général Ermolov et ses « kébinnye », c'est-à-dire ses épouses temporaires, en fait des concubines issues de la population locale des territoires caucasiens occupés par l'armée russe, mérite un récit à part
L'histoire matrimoniale du général Ermolov et ses « kébinnye », c'est-à-dire ses épouses temporaires, en fait des concubines issues de la population locale des territoires caucasiens occupés par l'armée russe, mérite un récit à part. Le premier-né d'Ermolov lui fut donné par l'esclave Siouïda ; le garçon fut appelé Bakhtiar ou, en russe, Victor. Les deux autres fils d'Ermolov, Sever et Klavdi, naquirent de Totaï, tout bonnement enlevée à son village natal ; Pierre fut mis au monde par Soultanoum, et il y eut encore une fille, Sofia, et un fils, Nikolaï.
Ermolov lui-même avait aussi des racines orientales : il descendait du mourza de la Horde d'Or Arsalan Ermola, qui vivait au début du XVIe siècle.
De fait, les enfants illégitimes d'Ermolov, bien qu'ils eussent reçu la noblesse, ne pouvaient prétendre à un statut autre que celui de pupilles, jusqu'à ce qu'Alexandre II accordât au célèbre général le droit de reconnaître ses enfants comme siens et comme nobles héréditaires à part entière.
Le fils aîné d'Ermolov, Victor Alexeïevitch, parvint au grade de général ; son fils Vladimir devint lui aussi général et, en 1916, fut gouverneur militaire de la province du Daghestan. Dans les années 1920, il quitta la Russie, gagnant d'abord la Grèce, puis la France, où il passa le reste de ses jours.