Un jour, dans l'enfance, vient le moment où vous jouez dans la cour avec vos amis pour la dernière fois, jusqu'à ce qu'on vous rappelle à la maison, mais vous ne le savez pas encore
Un jour, dans l'enfance, vient le moment où vous jouez dans la cour avec vos amis pour la dernière fois, jusqu'à ce qu'on vous rappelle à la maison, mais vous ne le savez pas encore. Regardez bien ce cliché. L'humeur y est la même : le mariage de la princesse Victoria-Louise de Prusse, fille unique du Kaiser, avec le prince du sang britannique Ernest-Auguste de Cumberland, célébré le 24 mai 1913 au Palais royal de Berlin, réunit pour la dernière fois autour d'une table de fête trois cousins : le Kaiser Guillaume II, le roi d'Angleterre George V et le tsar de Russie Nicolas II. Un an après ce banquet, avec sa soupe de tortue, son chevreuil rôti et son champagne, dans l'éclat des diamants et des dorures, éclatait la Première Guerre mondiale, qui allait effacer de la carte du monde l'Empire russe et l'Empire allemand. Par une cruelle ironie, ces noces devaient symboliser la réconciliation des familles de la mariée et du marié, brouillées depuis 1866, le grand-père et le père du marié ayant été chassés après l'annexion du royaume de Hanovre