Tourgueniev sur le cosmopolitisme et l'esprit national dans « Roudine » (1856)
Le malheur de Roudine, c'est qu'il ne connaît pas la Russie, et c'est assurément un grand malheur. La Russie peut se passer de chacun de nous, mais aucun de nous ne peut se passer d'elle. Malheur à qui le pense, double malheur à qui s'en passe en effet ! Le cosmopolitisme est une sottise, le cosmopolite est un zéro, pis qu'un zéro ; hors de la nationalité, il n'y a ni art, ni vérité, ni vie, rien du tout
Ivan Sergueïevitch Tourgueniev. « Roudine ». 1856. Soit dit en passant, ces mots, Tourgueniev les a écrits en vivant loin de sa patrie, alors qu'il jouissait déjà d'une renommée européenne. Tourgueniev, que l'on tenait de son vivant pour l'un des plus grands écrivains et qui n'a jamais écrit, sur le plan littéraire, un seul mot dans une autre langue que le russe