Les images sculptées en bois du Nord russe et une exposition à la galerie Tsereteli à Moscou
Dans le Nord russe, on vénérait de singulières « icônes » : des figures de saints sculptées en ronde-bosse, placées dans des châsses et parfois taillées en pied, qui pouvaient atteindre deux mètres de haut. Les plus anciennes de ces icônes, à Arkhangelsk, remontent au XVIe siècle. Ces images sculptées, d'une facture bien à elles, étaient appelées « images taillées » ; elles faisaient partie de l'iconostase et pouvaient prendre la place de l'image principale de l'église. Dans les villages, on parait les figures sculptées des saints de foulards, de serviettes brodées, de ceintures et d'autres ornements. Et bien qu'en 1722 le Saint-Synode ait promulgué un oukase « Sur l'interdiction d'avoir dans les églises des icônes sculptées, taillées à la hache, et en général peintes sans art ou en désaccord avec les Saintes Écritures », l'existence de ces images uniques ne cessa pas : elles se sont conservées dans bien des églises et des maisons jusqu'au XXe siècle, et en certains endroits jusqu'à ce jour. Sur la photo de 1958 : l'intérieur de la chapelle Saint-Nicolas du village de Kisselevskaïa, près du bourg de Liadiny. On peut voir des exemples uniques de sculpture statuaire et d'anciennes icônes du Nord russe à l'exposition « Les icônes de Kargopol. Renaissance », qui se tient jusqu'en février à la galerie Tsereteli, à Moscou