L'évêque Giustiniani et l'église Madonna della Grazia à Gravina, avec un aigle en façade
Monseigneur Vincenzo Giustiniani, patricien génois devenu diplomate, a doté en 64 ans de vie les Pouilles, région où il exerça l'épiscopat, de plusieurs églises et édifices publics. Parmi eux, l'église unique de la Madonna della Grazia, à Gravina. Avez-vous jamais vu sur la façade d'un sanctuaire un aigle aussi majestueux ? Et coiffé, qui plus est, d'une couronne royale étincelante ? C'est que le sculpteur a parsemé la couronne d'éclats de verre coloré, et en a logé un, fort gros, dans l'orbite, si bien que l'œil de l'aigle brille et jette de véritables feux.
Vincenzo Giustiniani sera enterré hors les murs, à l'ombre de cet oiseau, et cent ans plus tard on accrochera son portrait dans l'église ; sur la plaque voisine, on gravera une épitaphe latine à la mémoire de ce pieux évêque, homme aux mœurs saintes.
P.-S. Si le clocher incongru, à gauche, ne vous plaît pas non plus, sachez que c'est un disgracieux héritage du XIXe siècle : on l'a accolé à cet édifice si original, si l'on en croit l'inscription, en 1841, et, si l'on en croit le bon sens, très probablement par quelques jaloux ou tout simplement par des imbéciles.